L’avis de Carine sur le roman de Ewa Rau : Moh chez les Editions Black Ink !

Moh par [Rau, Ewa]Titre : Moh

Auteur : Ewa Rau

Genre : Romance

Editions : Black Ink

Ebook4.99 €

Résumé : Quand, à 18 ans à peine, Moh quitte sa réserve pour poursuivre des études et vivre chez les Wilson, elle ne sait pas encore qu’elle sera prise dans un engrenage diabolique.

Quelques mois de plénitude avant de tomber dans le cycle infernal de la douleur, de la frustration, du désir, mais surtout de la rage. Sa rage. Celle d’un seul homme : Lenny.

Mon avis :

Lorsque j’ai débuté ma lecture, j’ai su dès les premières lignes que j’allais passer un très bon moment. Déjà de part le fait de découvrir les US et coutumes d’un autre peuple et particulièrement celui-ci, à qui on a tout pris et qui pourtant on traite comme des parias. Mais aussi par la plume de l’auteure que je découvrais pour la première fois et qui m’a conquise par sa manière très poétique, mais aussi empreinte de réalisme à nous raconter son récit.

Pourtant, dès le départ j’ai eu une vision de ce que j’allais découvrir et de comment cela allait finir. Vraiment ? Eh bien non… Première claque, préjugé ! La simplicité du début va prendre rapidement un nouveau tournant et Ewa Rau ne va pas épargner ses personnages.

Mohicanne, native de la tribu Navajo, petite fille du grand Chef Big Bird, étouffe dans sa réserve. Elle suffoque dans sa vie recluse, dans ses souvenirs funestes, mais surtout, dans ses rêves d’espoir… Retenue pour intégrer le programme d’insertion N.A.I.F, sa culpabilité ne l’empêchera pas de partir, d’avancer même si c’est avec le cœur lourd qu’elle quitte les siens. Elle a soif d’apprendre, de comprendre l’homme blanc et de fuir ce quotidien explosif dans lequel se mélange la pauvreté, l’alcoolisme et même… Les viols que subissent une femme sur trois. Toute cette souffrance et les espérances d’un peuple qui est aujourd’hui un vrai fléau que l’on passe sous silence. Un combat quotidien ignoré de tous.

Moh préfère ne pas faire comme les siens qui se battent dans le vent. Si elle doit se battre, ce sera à l’extérieur de cette réserve pour tenter sa chance vers un avenir meilleur apportant avec elle la valeur de ses ancêtres, l’honneur des siens… Moh part étudier chez l’homme blanc. Étant de sang-mêlé, elle espère que le peuple de sa mère, celui dont elle ignore tout, pourra la guider dans sa quête. Sa destinée…

Et c’est chez l’Ex-gouverneur, Wilson qu’elle posera sa valise, au « Victoria’s Ranch ». Elle y fera connaissance dans un premier temps de ses deux fils, Camille et John. Mais c’est le troisième et le plus mystérieux de tous qui accaparera ses pensées et qui pourtant brille de son absence… Lenny.

J’ai été très vite séduite par les personnages de ce roman, qu’ils soient bons ou mauvais. Ils ont tous une douleur qui les pousse à être tel qu’ils sont. Mais Moh et Lenny ont une histoire particulière. Une histoire qui ne peut laisser indifférent et qui nous pousse dans les abysses de deux peuples qui ont du mal à se comprendre.

Moh est jeune fille que l’on pourrait qualifier de naïve tant elle a été élevée loin de tout. Elle a soif d’apprendre, mais aussi d’honorer son peuple et ses valeurs. Et c’est dans un récit qui va nous transporter dans un voyage fabuleux, en plein cœur d’une quête, que l’on va se retrouver emporté dans un tourbillon d’émotions à plusieurs reprises. La quête d’une ethnie, de son histoire, la quête d’un cœur, mais aussi celle de l’amour et de la paix. Elle va se jouer dans un contexte qui constitue à la fois une opportunité pour Moh, mais aussi une menace. Pourtant, notre belle indienne apportera sur la terre des blancs cette sagesse qui la caractérise tant. Elle va transmettre force et courage dans la vie de chaque personne qui croisera sa route tout en jouissant de cette liberté qu’elle convoitait tant, avec comme boussole qui la guide à chaque pas, son cœur. Si elle comptait rester elle-même tout en apprenant davantage sur les hommes blancs, elle va vite comprendre qu’elle sera contrainte de renoncer parfois à la sagesse Du Grand Esprit et de laisser ses ailes se déployer petit à petit jusqu’à pouvoir prendre son envol. Sa rencontre avec Lenny va bouleverser sa vie si paisible jusqu’alors. Et si entre eux c’est très électrique, ce sera aussi très frustrant. Cet homme détestable et imparfait qui mène une vie sur le fil du rasoir l’attire plus que de raison en faisant naître en elle, cette boule d’énergie encore inconnue qui est le désir.

Mais s’il y a une chose que Lenny déteste plus que tout, ce sont bien les Indiens… Et pourtant, Pocahontas, comme il aime la surnommer, l’excite autant qu’il la déteste et cela rajoute une pression supplémentaire à toute cette rancœur qui transpire de ses pores à l’égard de son peuple. Cette frustration qu’ils partagent, leur donne encore plus la rage. Rage qui n’est pas habituelle pour Moh. Mais entre la haine et l’amour, ne dit-on pas qu’il n’y a qu’un pas ? Encore faut-il vouloir le franchir…

Au-delà de la magnifique histoire de Moh qu’elle nous offre, Ewa Rau a su dépeindre admirablement les terres ancestrales des Navajos. Elle nous vend du rêve, mais surtout beaucoup de réalisme avec les US et coutumes de ce peuple qui vit dans la pauvreté, sans eau courante ni électricité, mais dans le respect de leurs traditions, de leur culture, de leur religion fondée sur le culte des vents, des cours d’eau et de l’harmonie et où l’alcool et le chômage font des ravages. Des réalités contrastées avec ceux qui décident de se donner une chance et de se battre pour vivre mieux. Malheureusement, l’auteure nous montre aussi que le regard et les relations entre l’ensemble des Américains sur les Navajos n’évoluent pas assez rapidement et qu’ils en font trop souvent les frais…

Sous la plume d’Ewa Rau tout y passe. Émotions, colère, frustration, désir. Elle a su mêler à la perfection les messages de tolérance avec cette histoire d’amour, mais aussi les amitiés qui vont naître tout autour de Moh. Avec principalement le petit soleil qu’incarne sa nouvelle amie, mais aussi Microbe et les autres. Tous ont leurs histoires, leurs failles, mais surtout leur honneur. Une belle histoire donc passionnante, bouleversante qui m’a complètement happée au cœur du récit sans temps mort. Une romance magnifique qui sort des sentiers battus et qui nous offre une leçon de vie sans précédent avec des protagonistes qui prennent vie au-delà des pages en restant dans nos têtes bien longtemps après avoir terminé notre lecture.

Clap de fin ou je pourrais plutôt dire Claque de fin !

Ewa Rau m’a mise à terre tout en m’apportant paradoxalement du baume au cœur et un message d’espoir magnifique. Il faut dire que son écriture est puissante, percutante et à la fois tendre et douce. Elle nous charme puis nous malmène. Elle nous fait vibrer, nous apaise puis nous jette d’une falaise. C’est dur, c’est beau, c’est fort et ça claque ! C’est du Ewa Rau et j’en redemande !

Un grand merci aux Editions Black Ink pour m’avoir permis de découvrir cette lecture bouleversante en service presse.

Extrait :

« J’étouffe dans cette vie recluse et étriquée. Mon ambition me ronge, et signera ma perte si je ne fais rien. Ma seule échappatoire : quitter les miens pour me construire un avenir, sans oublier qui je suis et d’où je viens. C’est pourquoi je pousse sans hésitation cette porte qui s’entrouvre sur l’autre monde. Pour apprendre, mais surtout comprendre. Les comprendre.»

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