L’avis de Carine sur le roman de Angel Arekin, Tes notes Pourpres chez Black Ink Editions

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Titre : Tes notes pourpres
Auteur : Angel Arekin
Genre : Dark Romance
Editions : Black Ink
Ebook : 4.99€
Résumé : Depuis sa plus tendre enfance, Souline est bercée par le son du violon.
Lorsqu’à l’adolescence, Evi l’entend jouer pour la toute première fois, il en tombe éperdument amoureux. Leur amour naît à Fersac, cette obscure école où règnent la terreur et la honte.
Pour la sauver, Evi se sacrifie et la laisse partir. Ils se sont juré de se retrouver une fois dehors. Mais aucun d’eux ne peut tenir cette promesse.
Quinze ans plus tard, Souline est devenue une grande violoniste. Alors qu’elle s’accorde quelques vacances sur les pentes enneigées des Pyrénées, elle tombe par hasard sur son premier amour. Foudroyée par ses souvenirs, elle cherche à tout prix à le revoir, mais Evi refuse. Loin de renoncer à lui, Souline tente de découvrir les secrets que cache la sombre cicatrice sur son visage et au-delà, les raisons pour lesquelles ils ne se sont jamais revus.
Mais c’est sans compter l’entêtement incompréhensible d’Evi à chasser la jeune femme hors de son existence.
Pourquoi tant d’obstination ?
Parviendra-t-elle à le comprendre et à entrer de nouveau dans sa vie ?

Mon avis :

La beauté que forme deux notes dans le temps… Que le temps ne peut effacer… C’est écrit, c’est leur mélodie, la mélodie d’une partition inachevée… Celle qui restera gravée à jamais, celle d’une histoire d’amour trop passionnelle pour accepter d’en écrire la fin…

Souline et Evi, deux jeunes adolescents fréquentent le même pensionnat catholique de Fersac où au milieu de toute l’horreur qu’ils y vivent, ils tombent éperdument amoureux. Un amour fort qui ne ressemble en rien à un amour de jeunesse. IL est sa musique, ELLE est la sienne. Mais un jour, condamné à écouter sa peine et sa douleur au son de son violon, Evi choisit de se sacrifier pour qu’elle retrouve sa liberté tout en se promettant de se retrouver plus tard. Seulement à 15 ans, il est parfois difficile de pouvoir tenir ses promesses… Et si Souline a pu se reconstruire loin de Fersac, Evi lui, y est resté bien trop longtemps…

Quinze ans plus tard, Souline ne vit que pour la musique. Grande violoniste, elle n’existe qu’au travers des sons mélodieux et tristes de son instrument dans lequel elle se noie entre ses désirs, ses espoirs et son cœur qu’elle fait pleurer à chaque pincement de corde. Des larmes musicales pour des pleurs sans silence… La musique lui permet de trouver ce souffle qui lui manque et l’opprime depuis tant d’années… Son violon c’est sa vie, c’est Lui, Evi, et ce le sera pour toujours. Et même si aujourd’hui elle ne l’a jamais revu, il ne l’a jamais vraiment quittée.

Mais malgré tout ce qu’ils ont pu partager, lorsque le destin les réunis à nouveau face à face, ils se retrouvent comme deux étrangers à échanger des banalités. Et si Souline fera tout pour retrouver son Evi, lui, ne veut plus entendre parler d’elle et se montrera même, un parfait connard…

J’ai été une fois de plus captivée par le récit que nous offre Angel Arekin en totale immersion au cœur des Pyrénées et des secrets que renferment l’abbaye de Fersac. Cette école où la terreur… La honte… L’humiliation et la manipulation ont régné en maître. Les sombres dessous d’un internat catholique qui malgré toutes les monstruosités en son sein, n’a pu empêcher la naissance d’un amour profond et infini.

Les masques tombent, le passé et les rancœurs ressortent, les cris s’entendent au-delà du cœur et on passe de la lumière à l’ombre. Bénéficiant d’une très grande qualité d’écriture, tant au niveau des dialogues que j’ai trouvés riches et profonds que de la psychologie des personnages, Angel Arekin  nous emporte dans un récit fort, énigmatique et angoissant écrit avec profondeur, mais surtout, doté d’une psychologie subtile et un cheminement rondement mené. Elle donne de la puissance à son récit au fil des pages entre un passé et un présent qui se télescopent dans un timing comme voulu par la main de Dieu et qui donne une intensité émotionnelle au récit qui ne laisse pas indifférent.  L’auteur nous pousse dans les abysses de ce couple plein de failles tout en nous laissant espérer voir une petite lumière qui nous ramènerait tous à la surface. Elle orchestre son récit de main de maître en pensant à chaque détail, et retranscrit avec émotion toute l’ambiguïté du drame qui les entoure en laissant le lecteur s’immerger et juger de ce qui se déroule sous ses yeux. Tout le roman est richement travaillé et possède tous les ingrédients que j’aime, la romance, la sensualité, un cheminement psychologique captivant et cette tension qui ne nous quitte pas, nous emportant dans un suspens saisissant qui nous fait espérer et qui va nous retourner les tripes de trop nombreuses fois.

Angèle Arekin insuffle comme à son habitude ce supplément d’âme et ce je-ne-sais quoi d’indéfinissable qui rend ses romans complètement addictifs. Peut-être parce qu’elle met tout son talent au service de ses protagonistes, qu’elle analyse, décortique et torture jusqu’à la dernière ligne nous torturant aussi à l’occasion. Peut-être aussi parce qu’elle aborde une fois de plus un thème tabou de société en appuyant sa plume là où ça fait mal. Un thème qui dénonce des souffrances d’un silence, d’une honte qui est un fardeau bien trop lourd à porter pour des enfants. Un fardeau qui engendre la colère, une rage indéfinissable pour Evi. Elle contrôle sa vie au présent, son passé, son avenir en alimentant sa souffrance jour après jour et le maintenant sur une corde raide en permanence.

Tes notes pourpres c’est l’histoire poignante de deux amants maudits, deux âmes déchirées arrachées l’une à l’autre par un passé qui les a construits tels qu’ils sont à ce jour, mais surtout abimés, et qui se retrouvent 15 ans après avec des cicatrices bien trop béantes. Une virtuose entêtée avec un trop plein d’amour face à cet homme plein d’ambivalences gangrené par sa colère, mais aussi, par une manipulation psychologique qu’il subit depuis bien trop longtemps.  Un récit hors du commun où les personnages fascinent par leur personnalité et leur histoire assez atypique et surtout, émotionnellement renversante ! Je suis passée par un panel d’émotion énorme ! J’ai été en colère, j’ai été charmée par leur amour et les notes de musique qui n’ont jamais quittées ma tête. J’ai été choquée, j’ai pleuré … beaucoup…  Mon cœur s’est serrée trop souvent et malgré tout, l’amour qui transpire des pages m’a percutée par une multitude de papillons qui ont élus domicile dans mon ventre. Car cet amour unique est indéfinissablement magnifique dans la tristesse et la douleur. On ne peut qu’espérer qu’ils se retrouvent enfin, mais est-ce un rêve purement utopique que nous nourrissons tout au long de la lecture ? Est-ce tout simplement possible ?

J’aime beaucoup lorsque je n’arrive pas à deviner la fin d’un roman et j’ai été plus que ravie qu’Angel Arekin ait réussi avec brio à me manipuler jusqu’au point final, le cœur gros, et pour cela je voudrais lui dire MERCI. Car même si j’en aurais voulu plus, je sais pertinemment que cela n’aurait pas eu le même impact et c’est aussi ce qui a fait la différence.

Je terminerais en vous parlant de la magnifique playlist du roman. Je n’en parle que rarement et j’avoue ne pas toujours les écouter, mais là ! Prenez le temps de vous laisser emporter et mieux encore, écoutez là en lisant. Je l’ai fait après pour ma part et je peux vous dire que certains choix, me ramenait directement à des scènes bien précises. La musique vous percute alors autant que les mots, elle les rend même encore plus fort !

Un grand merci à Black Ink Editions pour m’avoir permis de découvrir cette pépite livresque coup de cœur en service presse.

Extrait : 

«
Je m’arrache à son regard pour ne pas céder à mon désir. Un sanglot s’étrangle dans sa gorge. Pourquoi suis-je là, à lui imposer nos souvenirs
Ma divine punition…
— Evi, dis-moi que tu ne ressens plus rien pour moi, me chuchote-t-elle brusquement d’une voix brisée.
— Je ne ressens plus rien.
Mais je suis incapable de la regarder en prononçant ces mots cruels.
— Evi, dis-moi que tu aimes une autre femme.
— J’en aime une autre.
— Dis-moi que tu ne veux plus me voir m’immiscer dans ta vie.
— Je ne le veux plus.
Mon poing se ferme avec violence. La douleur se greffe sur ma peau, sur chacune de mes molécules.
— Evi, dis-moi que je ne représente plus rien…
Sa voix est un maigre filet à peine audible.
— Tu ne représentes… plus rien. Juste un souvenir.
Ma gorge est nouée, saccagée par des hurlements de rage que je ne peux pousser. Je l’entends pleurer. J’ai envie de cogner
dans le mur, de brûler cet endroit, de m’enfermer avec elle dans cet abri et de ne plus jamais en sortir. Pour nous y aimer à nouveau. Comme autrefois. Avec la même force. La même rage bienfaitrice. Pas celle, nocive et nauséabonde, qui m’engloutit aujourd’hui.
— Evi, dis que tu ne m’aimes plus, me demande-t-elle dans un hoquet malheureux.
Les mots s’étouffent presque dans ma bouches. »
Extrait de
Tes notes pourpres
Angel Léni-Angel Arekin

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