L’avis de Carine sur la romance dystopique de Ena.L : La reine des détestés L’intégrale

Titre : La reine des détestés :

Enfer ou paradis T1

Choisi ton roi T2

Auteur : Ena. L

Genre : Romance Dystopique

Editions : Auto

Ebook : 4.99€

Broché : 18.99€

Résumé :** Romance sur fond de dystopie **

An 3548. Le dérèglement climatique et les guerres atomiques ont réduit le Monde à un territoire, celui de l’ancienne Europe, désormais partagé en douze royaumes prospères.

Afin d’échapper à une vie de solitude et de drames, Hannah prend la décision difficile de quitter la zone libre et sauvage où elle a toujours vécu, pour la sécurité des murs du royaume d’Olayan. Elle sait qu’en entrant, elle deviendra esclave, comme tous les Blancs. En revanche, elle n’imagine pas que la rareté de son apparence, trop pure, fera d’elle l’esclave la plus détestée du royaume, ni qu’elle la conduira au palais, au service de la famille royale.
Rien ne prédestinait Hannah, alias numéro 83-737, esclave illettrée, sauvage, considérée comme la laideur à l’état brut, et le prince Yash bin Saleh al Talal, chef de guerre sanguinaire, héros des douze royaumes, fantasme de toutes les femmes, à se rencontrer. Mais parfois, le destin est joueur… et cruel. Car Yash n’est pas un prince de conte de fées, et Hannah ne sera jamais l’héroïne idéale.

Mon avis :

Ena nous fait faire un bond dans le futur avec cette romance dystopique des plus addictives ! Dès les premières pages, il est impossible de s’arrêter ! Et lorsque la dernière du premier tome est tournée, je vous défie de ne pas vous jeter sur le second tome qui est encore plus fort, plus percutant, plus addictif et plus sadique que le premier. J’ai d’ailleurs pas dormi de la nuit pour le terminer. Les deux sont des merveilles dont il ne faut absolument pas passer à côté. C’est avec des larmes et au son d’une chanson paillarde, que j’ai terminé cette lecture des plus époustouflantes.
 
Bouleversante, dévastatrice… Je n’ai pas de mots pour vous décrire cette dystopie comme je le souhaiterais. Non, aucun mot ne sera à la hauteur de ce que j’aimerai vraiment vous dire… Cela fait plusieurs jours que j’attends que la pression retombe, en vain… Une fois de plus, Ena a su se démarquer en cassant les codes sur ses héros et particulièrement sur le thème qui est fort, très fort et qui ne peut que nous laisser perplexe sur un avenir qui pourrait très bien nous pendre au nez. Son niveau de sadisme est du haut Level dans cette romance dystopique. Là encore, elle n’a pas ménagé tous ses protagonistes et la cruauté dépasse certaines Dark que j’ai pu lire. Mais Ena fait du Ena et sa signature déjantée fait aussi partie du lot, alors n’ayez surtout pas peur. La reine des détestés est le combo parfait d’un mélange d’amour, d’humour, de violences, de colère et d’addiction au plus haut point.
 
Hanna et Yash ont percutés mon cœur à une vitesse vertigineuse, et de plein fouet… Ils l’ont fait battre sur deux tomes au tempo de leur amour, de leur guerre et de leur destin… Il n’a cessé de cogner, de s’agiter à maintes et maintes reprises, alternant une bradycardie et une asystolie sévère particulièrement sur le rythme du second tome qui a tout de même failli causer son arrêt précoce jusqu’à le briser sur certains passages qui m’ont anéantie…
 
Ena L nous fait monter à bord de son train supersonique et nous voilà en l’an 3548.
Bienvenues au Royaume d’Olayan où Hanna ne va pas y passer les portes pour y vivre, mais essayer simplement de survivre… Survivre dans un monde où sa couleur de peau et celle de ses yeux la condamne à l’enfer. L’enfer de l’esclavagisme, de la barbarie des hommes en souvenir d’un passé qui a été détruit par les suprématistes blancs et dont les descendants payent encore leur idéologie raciste et leur folie qui ont conduit la planète à un désastre sans nom. Un héritage vieux de 600 ans qui les poursuit et les assujettis à vivre certes libres, mais dans des zones sauvages et dangereuses.
 
L’histoire aurait bien pu commencer par un Il était une fois… Un beau Prince charmant rencontra une sauvageonne dont il tomba éperdument amoureux…. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants… Cela aurait pu… Si le prince avait été charmant, si les soldats avaient été des nains chanteurs et la princesse douce et belle comme un enchantement… Et si le monde n’était pas devenu aussi con que leurs pieds ! Alors, on oublie ! Car dans la reine des Détestés nous sommes très loin du conte de fée, mais plutôt, dans une Dystopie sous fond de Dark Romance.
C’est l’histoire d’un Prince plus à l’aise à la guerre qu’avec les mots ou encore sur un trône, faisant tomber des corps et des têtes par milliers sur les champs de bataille sans jamais ressentir la moindre émotion et encore moins de pitié, mais qui refusera de repousser l’évidence face à une esclave à la peau claire et aux cheveux couleurs de blé. C’est avant tout l’histoire de Hanna, cette sauvageonne qui n’a rien d’une princesse et qui ne le sera jamais. Hanna est une femme forte, une sauvage qui ne reniera jamais qui elle est vraiment. Elle subira beaucoup, mais ne flanchera pas… Aux yeux de tous, elle n’est qu’un déchet de l’humanité, une esclave hideuse à la peau claire et aux yeux bleus. Au yeux de tous, elle sera la détestée… Mais toujours digne et le menton haut et fier. A mes yeux ? Elle est The Héroïne ! 
 
Mais c’est aussi et surtout, l’histoire de notre planète et de tous ses survivants qui ont choisi de vivre dans la différence en faisant payer au prix fort les blancs, qui pour eux, ne récoltent que simplement tout ce qu’ils ont semé. Ils ont détruit leur propre terre dont ils foulaient le sol chaque jour que les dieux leur donnaient de vivre. Détruite par leur égoïsme et leur cupidité… Aujourd’hui rien n’est parfait, mais douze royaumes ont été crée pensant alors, en faire un monde accompli et plus juste.
 
Plus juste ? Vraiment ?
 
Avec La Reine des détestés, Ena L nous offre une belle leçon de vie avec des thèmes de société au niveau mondial et des valeurs à méditer et à transmettre de génération en génération pour qu’un jour, on ne se retrouve pas à notre tour dans l’un de douze Royaumes ou encore pire, dans la zone libre et sauvage. C’est aussi une belle histoire d’amour interdite, née d’une rencontre improbable de deux êtres complètement différents et qui au travers de leur histoire, vont incarner justement ces valeurs en étant tiraillés entre leurs deux mondes et leurs obligations. L’allégeance que chacun d’entre eux porte à leur peuple et la trahison dont ils font preuve en se mêlant l’un à l’autre. Ensemble, on pourrait penser qu’un nouveau monde va s’ouvrir à eux, mais l’humain peut-il vraiment changer ? Qu’il soit noir, blanc, Arabe ou Chinois, le chemin sera long vers la tolérance. Vers un monde meilleur et rempli d’espoir ou l’acceptation de la différence fera justement toute La différence et où il y aura de la place pour tout le monde. Est-ce un rêve utopique ?
 
Leur amour aussi est un rêve, mais il est aussi fort que les personnages eux même et en même temps, aussi fragile que leur monde. On ne peut que s’attacher à eux, même si pour Yash, il nous arrive de le détester. Mais n’est-il pas esclave lui aussi de son propre monde ? De ses propres lois ? Si j’ai eu un énorme coup de cœur pour Hanna, je dois vous avouer que pour Yash c’était un sacré coup de foudre. Mais quelle femme ne succomberait pas ? Il fait monter la sexy attitude de ce roman à la puissance mille avec son charisme, sa virilité, sa force, sa détermination et sa manière d’aborder Hanna qui n’a rien de glamour, mais qui pour lui veut dire beaucoup. Leurs échanges sont eux aussi travaillés à la perfection, que ce soit dans leurs joutes, dans leur intimité ou dans leurs échanges silencieux et les non-dits.
 
Entre guerre, torture, esclavagisme, rébellion, soulèvement et dérèglement climatique, La reine des détestés nous ouvre les portes d’un monde de fous ! Et c’est avec des protagonistes forts, et aux caractères explosifs que nous allons faire un long chemin durant ces deux tomes dans un récit rythmé, addictif et sans aucun temps mort. Deux héros comme il n’en existe pas ! Et ils ne seront pas les seuls, tous les personnages secondaires de ce roman apportent leurs pierres à l’édifice et font de ce roman un roman exceptionnel ! Aucun n’est parfait, aucun n’ira dans le sens qu’on voudrait. Rien ne se passera facilement au point qu’on ne peut pas s’imaginer à l’avance si la fin sera belle, ou si elle restera cette triste réalité. Les émotions sont soumises à dures épreuves et particulièrement dans le second tome. Bien qu’il n’en manque pas dans le premier, il y a d’ailleurs une scène qui m’a broyé les tripes et le cœur d’une force incommensurable. Je crois que cela ne m’était jamais arrivé que ce soit aussi fort dans une lecture. Ce passage m’a mise KO, car justement je l’ai compris, ce qui fait que mon cœur l’a validé et c’est ce qui m’a le plus retourné… Et en parlant de cœur, il faut l’avoir bien accroché pour aborder cette duologie. J’aurais envi de dire, âmes sensibles s’abstenir, mais non ! Faut pas passer à côté ! Car oui c’est dur. Oui il y a de la violence. Mais il y a un vrai message de tolérance, de l’humour et aussi tellement d’amour… Qu’il soit amical, fraternel ou qu’importe les liens. L’amour est là et bien là. À sa manière, chacun ses US et ses coutumes que nous prenons d’ailleurs plaisir à découvrir ou s’en indigner 😉.
 
J’ai l’impression que je m’égare dans tous les sens et je crois bien que si je continue, c’est moi qui vais vous écrire un roman sur le roman de Ena L ! Alors, je vais m’arrêter là, même si j’ai encore beaucoup à dire, surtout sur Yash et Hanna que je n’ai pas décortiqués comme à mon habitude, mais je pense que de ne pas vous en dire plus et les découvrir par vous-même ne peut-être qu’une bonne surprise.
 
Et pour clore, je voudrais juste dire une chose essentielle à propos de son auteur….
 
Tant qu’Ena tiendra la plume, il y aura des jardins, de l’amour et du pain. Des chansons, du vin et on manquera de rien….
 
Un grand merci à Ena pour cette lecture qui me marquera pour longtemps.
 

Extrait : 

Je me sens plus seule que jamais devant cette masse de personnes qui me dévisagent. Je voudrais pouvoir encore me cacher, même si je ne sais pas de quoi. J’aimerais fuir loin d’ici, n’avoir jamais eu cette idée stupide de prêter allégeance à un roi que je ne connais pas contre une vie d’esclave. Le premier choc me surprend. Je ne comprends même pas ce qui vient de se passer ni ce qui a percuté mon front. Les suivants sont clairs : les hommes me jettent toutes sortes de projectiles : cannettes, cailloux, détritus, même des bouteilles encore pleines ! Je suis obligée de me protéger de mes deux bras en me tournant. J’entends leur haine, j’entends leurs insultes pendant qu’on me mitraille le dos et la tête.

« Salope blanche ! » ; « Monstre ! » ; « Sois maudite ! » ; « Tu devrais être morte avec tous tes ancêtres ! » ; « Crève ! »

— Messieurs, s’il vous plaît, calmez-vous, temporise paresseusement le vendeur. Je ne sais même pas quoi ressentir. Je suis tétanisée.

— Je vous en prie, essayez de rester tranquilles, intervient l’homme. Il me force à me retourner à nouveau. Je me prends une pierre de plein fouet au-dessus de l’œil droit. Mon seul réflexe est de fixer celui qui me l’a envoyée et qui me hurle les choses les plus vulgaires que j’ai jamais entendues – et pourtant je parle assez mal. Un liquide chaud que je reconnais aisément coule sur ma paupière, puis sur ma joue, telle une larme de sang. Je suis comme anesthésiée par la vision du visage mauvais de mon agresseur. Ils arborent tous cette même rancœur.

— Il est évident que le brassard noir change la mise à prix de départ, dit le vendeur en tapotant sur sa tablette. Nous commencerons les enchères à 10 000 yanas. Quoi ??? Je ne comprends plus rien ! Pourquoi aurais-je de la valeur si tout le monde me voit comme l’incarnation du diable ?! Ça n’a aucun sens !

 

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