L’ avis de Carine sur le roman de Farah Anah : Loving Doll aux Editions Black Ink


Titre : Loving Doll

Auteur : Farah Anah

Genre : Dark Romance

Editions : Black Ink

Ebook : 4.99€

Broché : 17.00 €

Résumé :

*** DARK ROMANCE ***

Un an après la mort de sa petite sœur, Wolfgang von Gail se voit offrir un curieux cadeaux d’anniversaire.
Une fillette, copie conforme de sa cadette.
Au fil des années, un lien malsain se tisse entre Wolf et Katharina.
Elle lui est interdite.
Parce qu’elle vit sous le même toit.
Parce qu’elle porte son nom.
Pourtant, dans ce manoir hors du monde, l’amour s’apprête à prendre la plus immorale de ses formes.
Combien de temps Wolf sera-t-il capable de garder le contrôle ?
Les von Gail dissimulent bien des secrets dans le manteau de la nuit, jusqu’à commettre l’irréparable.
Alors, aucun retour en arrière ne sera plus permis…

Mon avis :

Loving Doll… Deux victimes d’une passion destructrice ? pas vraiment.

Wolfgang l’unique héritier des Von Gail, cet homme à la froide insolence et l’arrogance presque élégante se voit offrir un drôle de cadeau d’anniversaire. Le sosie de sa sœur perdue… Comment faire abstraction qu’elle n’est pas elle, lorsque tout est fait pour qu’elle le soit, jusqu’à porter son propre prénom ? La fascination de Wolf pour cette orpheline est immédiate. Elle l’intrigue, l’attire et même s’il n’en veut pas, elle ressemble beaucoup trop à sa petite sœur pour ne pas se rapprocher de cette petite fille à l’apparence aussi fragile qu’une poupée de porcelaine, mais aussi Fascinante. Sans vie, Terrifiante.

Katharina n’a plus personne. Parachutée dans ce manoir hors du temps par la seule personne en qui elle avait confiance, elle se doit d’obéir comme on lui a toujours appris à le faire. Elle comprend dès son arrivée qu’elle doit plaire à Wolf pour le rendre moins triste en ressemblant au mieux à sa sœur qu’il pleure encore. En son for intérieur, elle est terrorisée, mais aussi, captivée par ce garçon qui passe son temps à la contempler.

Au fil du temps, les années passent, un lien fort s’est tissé en eux. Fort, mais aussi malsain tant leur relation est exclusive. Wolf ne partage pas sa poupée ! Lui seul peut l’aimer, la choyer, être indispensable à son bonheur. Une possessivité partagée par Katharina qui supporte de moins en moins que Wolf l’abandonne. Mais sa poupée grandissant et sa féminité se manifestant, Wolf est pris de pensées beaucoup trop luxurieuses à son égard. Des pensées qu’il réfrénait autant qu’il le pouvait le rendant plus fou que ce qu’il était. Il était tordu il le savait, mais pas à ce point là ! A la seule pensée qu’elle puisse être Katharina, la barrière devenait alors infranchissable pour le bien de sa santé mentale. Sa poupée lui était interdite. Mais il avait beau lutter, Wolf n’était plus qu’un loup dans une bergerie ou seule Kai était là, prête à se faire dévorer, le souhaitant même de tout son cœur. Rien ne pourrait se mettre en travers de ce besoin bestial d’être l’un avec l’autre. Non rien… Ni personne…

Elle n’avait d’yeux que pour lui.

Il n’avait d’yeux que pour elle.

Loving Doll, une histoire brutale, bouleversante qui nous emporte dans une chute sans fond d’un amour abyssal et destructeur qui consume à petit feu nos protagonistes, faisant fi alors de la morale et de la légalité. Leur attirance interdite devient une torture autant physique que morale, pour eux, mais aussi pour nous. Une attirance viscérale qui se transmet au-delà des pages tant la tension est palpable. Est-ce de l’amour ? Simplement du désir ?

Farah Anah nous immerge dans la noirceur d’une trame dérangeante, oppressante nous engloutissant peu à peu au rythme d’une attirance qui se construit dans le temps, dans un univers et un décors suspendu entre le siècle dernier et la modernité d’aujourd’hui. Sa plume est d’une finesse remarquable, ne manquant pas de vocabulaire en parfaite adéquation avec le récit. Son imagination riche et débordante font que l’on ne peut que se faire happer à l’intérieur de ce manoir sombre, mystérieux, rempli de secrets, de non-dits et surtout de folies. Happer par les méandres du cerveau de Kai, mais aussi de Wolf. Ce jeune loup qui a été façonné dans un amour possessif par ses deux poupées. L’une intouchable, l’autre interdite qui restait néanmoins sa propriété. Elle était son cadeau et quand on y pense, qui était le plus tordu à ce moment-là ?

Un récit complètement barge au cheminement psychologique rondement mené par l’auteure. Aussi bien avec ses protagonistes qu’avec nous, lecteurs. Car elle nous endocrine complètement en nous faisant accepter l’inacceptable, nous faisant ressentir des émotions et du désir face à cette tension sexuelle qu’on rêve de voir s’enflammer dans un brasier qui ne pourrait jamais s’éteindre. La possessivité malsaine de nos protagonistes est maladive, incontrôlable, et complètement tordu. Parfois j’avais cette image d’un enfant à qui on enlève son doudou et ce chagrin qu’il peut ressentir et je me disais …. et si le doudou pouvait lui aussi ressentir les émotions et le chagrin ? Quelle serait sa réaction pour qu’on lui rende celui qui l’a choisi, choyé à ne pas pouvoir dormir ni vivre sans ?

Loving Doll, une Dark romance à découvrir en laissant de côté vos préjugés et votre morale. Un récit qui se veut sombre, tordu, perverse, palpitant, sensuel, intriguant, qui manque juste parfois de rythme qui paradoxalement, n’aurait pas sa place. Ce qui fait que la lecture est plus lente, mais cette lenteur correspond parfaitement à l’atmosphère qui dégage du récit. Mon seul bémol aura été que l’auteure n’aille pas encore plus loin dans le machiavélisme de sa chute. Mais ça, c’est vraiment propre à ma lecture et à cette fin que je me suis imaginée tout au long et qui n’a pas été telle que je le souhaitais dans mon esprit. Esprit qui doit surement être encore plus tordu que celui de Fara Anah 😉.

Un grand merci à Black Ink Éditions pour m’avoir permis de découvrir cette Dark romance qui sort des sentiers battus et que j’ai pris plaisir à découvrir. Et un grand bravo pour cette magnifique cover qui reflète tellement La Poupée et ses désirs.

**Extrait : **

« Et puis, il y avait Wolf. Cette présence permanente, parfois tapie dans l’ombre, parfois assumée à mes côtés. Il rôdait, m’épiait. J’avais l’impression que détourner les yeux de moi lui était insupportable. Il me posait des questions que je ne saisissais pas toujours, auxquelles je ne répondais quasiment jamais. Je ne savais pas ce qu’il me voulait. En mon for intérieur, j’étais terrorisée et à la fois captivée. Lui se contentait de m’observer. Peut-être était-il fasciné par les robes que je portais ? Elles étaient si extravagantes, ma mère aurait désapprouvé. Cette idée me déstabilisait. À ce sujet, seul Hansel pouvait me tranquilliser. Si j’avais quelquefois entendu son nom, il n’était plus jamais réapparu. Alors, je patientais. Mon activité préférée restait le piano. À chaque invitation de la part de Sophie, je m’y jetais corps et âme. Il me permettait de me vider l’esprit, de me détacher de mes craintes et de mes interrogations. Aujourd’hui je jouais seule. Sophie m’avait fait écouter plusieurs airs que je m’étais attelée à reproduire. La musique des cordes faisait vibrer ma poitrine, j’y trouvais un intérêt particulier.

J’aimais jouer les yeux fermés. Quand je les ouvris, Wolf était là. Son ombre derrière moi m’enveloppait. Un frisson me parcourut. Son odeur singulière m’embaumait. Elle était épicée. Forte. Brutale.

— Tu es un génie, commenta-t-il, atone. C’était une chose que l’on ne m’avait jamais dite. J’ignorais comment le prendre. Bien, sans doute. Soudain, je sentis ses doigts dans mes cheveux. Je frémis si fort qu’un souffle m’échappa. Ensuite, les yeux écarquillés, je serrai les dents jusqu’à la douleur. Il me caressait. Mon cœur battait à tout rompre.

— Parfois, je me demande si tu es réelle, murmura-t-il près de mon oreille. Les paupières pressées, j’attendais la suite.

— Tu as froid, Katharina ? Tu trembles. »