L’avis de Carine sur le roman de Fanny André : Pour le sourire d’Isabelle aux Editions Les Presses de la cité

Titre : Pour le sourire d’Isabelle

Auteur : Fanny André

Littérature contemporaine.

Editions : Les Presses de la Cité

Ebook : 12.99€

Broché : 19.00€

Audio : 12.95€ OU 9.95€ avec Abonnement Audible

Résumé :

Une belle complicité féminine et intergénérationnelle face au deuil.
Une épopée savoureuse racontée à deux voix entre Normandie et Bretagne.
Un roman plein de charme et de profondeur !

La vie, envers et contre tout… Pour Camille, adorable vieille dame, qui enterre le cœur en berne son fils à Trouville. Pour son ex-belle-fille, Isabelle, la quarantaine pleine de charme, qui la rejoint en ce moment de recueillement. Toutes deux sont à la croisée des chemins : la première veut retrouver sa Bretagne natale ; la seconde vient de quitter son cabinet d’avocats après une sévère dépression. Au-delà de l’épreuve qui les réunit, leur évidente complicité resurgit. Comme ce vieux projet… Ce voyage à deux, avec étapes gourmandes, où chacune montrerait à l’autre les beautés méconnues de son terroir : Normandie versus Bretagne. Voici donc Camille et Isabelle qui s’embarquent sur les routes, complices malgré les différences, le temps d’une parenthèse à la fois itinérante et introspective.

Prêtes, surtout, à cueillir les imprévus de leur périple et à redonner un peu de couleur à leurs vies suspendues…

Mon avis :

Un deuil. Des obsèques. Un rapprochement de deux femmes qui se sont aimées, appréciées autour d’un même homme qu’un divorce a séparé. Un mari pour l’une, un fils pour l’autre. Une affection presque oubliée qui va renaitre des cendres de ce deuil, ainsi qu’un vieux projet jamais réalisé.

Pour le sourire d’Isabelle est un magnifique roman qui ne peut que vous toucher et dégager en vous des émotions qui sont parfois enfouies même très loin dans votre cœur. Parler du deuil n’est jamais simple, mais Fanny André le fait avec tact, délicatesse, nostalgie et émotions. Au travers de ce récit, nous partons dans un voyage imprévu, délicieux chargé de souvenirs, d’aveux et de confidences qui feront autant de bien que de mal, mais un mal pour aller bien. Un voyage intergénérationnel, un face à face, terroir contre terroir, qui gardera pour moi une belle saveur au sens propre, comme au figuré…

Deux générations.

Deux destinations.

Deux âmes en peine et bancales, peuvent-elles vraiment s’appuyer l’une sur l’autre pour se tenir à nouveau droite ? Et si au lieu de nager à contre courant, Isabelle et Camille se laissaient enfin porter vers une envolée qui sonnera le renouveau pour l’une et peut être la dernière pour l’autre. À moins qu’à plus de quatre-vingt ans on puisse aussi parler d’un nouveau départ ? Qui sait ? Entre la Normandie et la Bretagne, l’affection que ces deux femmes se portent renait de jour en jour. Elles se dévoilent plongées dans leurs souvenirs passés qu’elles se confient, nous confient aussi en nous faisant découvrir à notre tour leurs vies et leurs régions qu’elles mettent en avant par leurs patrimoines culturel et leurs spécialités culinaires. La Normandie que je ne connais pas et qu’il me tarde après lecture de pouvoir la découvrir de mes propres yeux. Puis la Bretagne et ses toitures en ardoises, ses saints, ses druides et ses forêts. Cette Bretagne que je connais et dont j’ai pris plaisir à visualiser lors de ma lecture et me remémorer mes visites et le goût du fameux Kuign-amann.

Un voyage livresque à la fois profond, nostalgique et introspectif, aux petits détails de la vie nombreux qui pourraient apporter des longueurs pour certains lecteurs qui ne « voient » pas leur lecture, mais qui pour moi, apportaient cette touche d’un échange des petits plaisirs simples de la vie. Cette vie qu’elles ne vivaient plus vraiment et qu’elles ont appris à apprécier à nouveau dans la simplicité.

Pour le sourire d’Isabelle est une lecture touchante, avec sa pointe d’humour. Une lecture simple et profonde à la fois dans laquelle je me suis sentie très proche des protagonistes qui sont comme vous et moi. Proche de Camille, car j’aurais pu faire ce voyage avec ma belle-mère qui a son âge et que j’adore, qui a aussi son histoire et connu un déracinement dont elle nous vante toujours ses spécialités autant que le pays et sa culture. Tout comme j’ai pu m’identifier facilement à Isabelle, même si nos vies sont à l’opposé l’une de l’autre, les femmes entre elles ne peuvent que se comprendre… et être touchées l’une par l’autre.

Une belle lecture pour une belle leçon de vie. Une histoire de renaissance par le retour aux sources qui passe par un road-trip pas comme les autres. Certes, Fanny André nous embarque en voyage, mais la route que vont emprunter Isabelle et Camille sera celle du cœur et de la vie. Celle qui vous fait comprendre à quel moment on a pris le mauvais chemin et si vraiment, il était si mauvais que ça. Raison ou tors ? Bonne route ou mauvaise, il n’est jamais trop tard pour prendre une autre direction. La direction qui va nous rendre tout simplement vivant ? Profiter des instants simples comme avoir des pieds nus sur le sable. Ne pas aimer notre assiette, pouvoir être fatigué ou encore profiter du grand air ? Qu’importe l’âge et la période dans laquelle on se trouve. Qu’importe les chemins pris et nos décisions, regarder en arrière ne nous bloque pas toujours dans un passé. Au contraire, il nous permet d’avancer avec un nouveau regard sur l’avenir. Que nous ayons trente, quarante, cinquante ou quatre-vingt ans, le jour qui vient est, et sera, toujours le premier jour du reste de notre vie. A nous d’en faire une chance.

Un grand merci à Fanny André pour sa confiance ainsi qu’aux Éditions Presses de la cité pour ce touchant service presse dans sa version brochée avec sa couverture qui donne envie d’ouvrir en grand nos fenêtres et nous dire : La vie est belle et cette journée le sera aussi.

Extrait :

Son regard flotte par-dessus mon épaule vers la porte et, au-delà, vers le salon relié à la véranda par une baie vitrée.J’approuve, presque sérieuse.La fatigue ou l’alcool me rendent sentimentale, la première larme de la journée dévale ma joue. Je baisse la tête, un peu honteuse. Les pleurs, à mon âge, suscitent vite la pitié. Ou pire, je pourrais attrister Isabelle. Quand elle reprend la parole, je la devine aussi émue que moi et lui suis reconnaissante de ne pas fondre en larmes.Je relève la tête sans trop y croire. Elle dit ça sans le penser… ou elle a plus bu qu’il n’y paraît. Pourtant, qu’est-ce que cette idée me tente tout à coup ! Prendre de la distance avec cette maison silencieuse qui m’oppresse, avec le deuil d’Arnaud et avant ça ce quotidien trop tranquille. Isabelle me presse ma main avec bienveillance.Je pouffe bêtement, et c’était sûrement son but. Une fois, nous l’avons visité ensemble. Elle doit se rappeler comme je m’étais émerveillée devant tout cet exotisme apprivoisé en pleine ville. Mon jardinet bordé d’eupatoires, de monardes, d’azalées et d’hortensias en atteste assez bien, j’ai la main verte mais sans avoir pour autant ce genre de paradis terrestre. D’ailleurs, en partant d’ici, il faudra que j’emporte avec moi des boutures et Germaine, ma pivoine blanche.

— C’est adorable de ta part de vouloir faire croire à une vieille folle qu’elle t’est nécessaire… surtout par les temps qui courent.

— « Folle », je ne sais pas, originale, je n’en ai jamais douté ! Je n’ai encore rencontré personne qui donne des prénoms aux objets de sa maison ou tente d’expliquer à un témoin de Jéhovah qu’il a interprété la Bible de travers.

— Je t’ai déjà dit que ma mère m’avait suggéré d’entrer dans les ordres après mes années de catéchisme ? Elle pensait que ça porterait chance à la famille, que le « bon Dieu nous aurait à la bonne » et que j’étais assez tranquille de caractère pour ça.

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