L’avis de Carine sur Jól, un roman de Isabelle Fourié chez Black Ink Editions

Titre : Jól

Auteur : Isabelle Fourié

Editions : Black Ink

Genre : Romance

Ebook : 4.99€

Broché : 17.00€

Résumé :

Ingénieure fraîchement diplômée, Jules n’en revient pas lorsqu’on lui propose un emploi de chargée de recherches sur le terrain.

Elle se voit déjà à Hawaï, destination parfaite pour échapper à la neige et au folklore de Noël qu’elle a en horreur !

Sauf que… la filiale avec laquelle elle a signé se situe en Islande. Pour ne rien arranger, la société lui attribue un drôle de spécimen comme chauffeur…

Lauritz Stéphansson : barbu, sexy et rustre est l’incarnation du parfait viking, mais servir de guide est loin d’être son truc. De plus, Jules ne lui facilite pas la tâche.

Elle veut qu’il démissionne. Il rêve qu’elle le vire.

Une seule chose les accorde : parier sur qui cédera le premier.

Au rythme de défis inspirés par le calendrier des légendes nordiques, Jules et Lauritz se laisseront-ils gagner par la magie de Jól ?

Mon avis :

Jól… Une magnifique romance de Noël qui m’a plus que conquise par sa trame, mais aussi par toute cette culture Islandaise dont j’ai pu m’enivrer au fil des pages.

Le Noël islandais est très différent de celui que l’on rencontre dans les pays occidentaux, car ce pays dispose de sa propre tradition de Noël. Tradition que nous allons pouvoir découvrir tout au long du récit et dont l’auteure va s’inspirer, à chacun de ses chapitres, pour nous en imprégner à notre tour. La magie de Jól, ses mythes et ses légendes vont rythmer notre lecture de la plus merveilleuse des façons. Et attention aux Jólasveinar qui arrivent des montagnes bleues de Bláfjöll ! Car ils n’apportent pas que des cadeaux !

Jules, jeune ingénieure scientifique, très peu sûre d’elle, vient d’obtenir son premier job chez Caltech, une entreprise privée dont les investigations en matière de géothermie et de géodynamique les inscrivent dans l’avenir. Sans l’aide de ses célèbres parents, la voilà pas peu fière d’avoir obtenu ce travail qui devrait la mener sous le soleil et aussi avec un peu d’espoir, la faire remonter dans l’estime de sa physicienne de mère pour laquelle, elle ne sera jamais assez bien. Hawaï, une destination de rêve qui ne sera absolument pas la sienne finalement. Serait-ce un Jólasveinar qui aurait rétréci la ligne de son contrat pour qu’elle ne voit pas la destination ? Exit donc les tongs et les maillots de bain en sirotant un mojito sur la plage, et vive les doudounes, les vêtements thermiques, les boots et les boissons chaudes ! Impossible de dire non à une telle opportunité, Jules s’envole affronter le froid et les nuits perpétuelles de l’Islande pour six mois. Y a pas à dire, les lutins farceurs se sont penchés sur son dossier avant même qu’elle n’ait posé le pied sur le tarmac de Reykjavík !

Reykjavík… cette ville où tous ces cauchemars vont prendre forme dès son arrivée. Des décos de noël partout ! Des chauffeurs pas très frais, et un viking très… beurk.

Lauritz, dont le savoir-vivre est à l’image parfaite de l’islandais dans toute sa splendeur. Il ne s’embarrasse pas à faire des courbettes à une femme, c’est un peu droit au but en Islande. Il veut baiser, il dit qu’il veut baiser. Pourquoi passer par quatre chemins ? L’égalité des sexes, ou encore le rapport au corps très naturel est prôné dans son pays. Pas d’âme pudique, pas de sexe faible ! Tous égaux ! C’est pourquoi lorsqu’il se voit confié, contre son gré la chargée de recherche de Caltech reine des chieuses, il a comme une envie de s’amuser un peu…

Elle rêve de le dégager, il adore la défier… Mais, s’il croit l’éblouir, il peut se fourrer le doigt dans l’œil !

Avec Jól, Isabelle Fourié nous guide dans un voyage livresque féérique et nous immerge en plein cœur de la culture Islandaise et de ses paysages d’une beauté à vous couper le souffle. Une terre d’une rare beauté, intense par son histoire, sa faune et ses panoramas sauvages qui recèlent de nombreux secrets. Une région où le développement écoresponsable en est la priorité. Un monde de contrastes, de feu, de glace, de sources chaudes et d’eaux glaciales, et où le climat froid est tout à l’inverse de ses habitants chaleureux, accueillants et peu pudiques. Où les traditions sont loin de se perdre et se respectent, car les Elfes, Trolls, revenants et lutins qui peuplent les contes et les sagas islandaises, mais aussi toujours le cœur et l’âme de chaque habitant sont très présents. Les descriptions de Isabelle Fourié sont si parfaites qu’on voit et ressent tout au travers les yeux et le cœur des protagonistes. Au travers de Lauritz qui connait pourtant parfaitement son île et qui ne cesse d’en être impressionnée par sa beauté. Au travers de Jules, qui va la découvrir pour la première fois et apprendre à l’aimer. Jules qui ne rêvait que de soleil, de palmiers et de sable chaud et qui va devoir affronter le froid, la neige et Noël qu’elle déteste plus que tout. Tout comme les grands blonds, barbus, grossiers aux cheveux longs. Non, vraiment tout ce qu’elle déteste.

Moi, tombée amoureuse du pays autant que du roman ? Assurément ! Je n’ai cessé de me rendre sur le net pour m’en mettre plein la vue et en apprendre encore plus. Isabelle Fourié a réussi le pari fou de me faire vibrer grâce à la simple évocation des plaques tectonique eurasienne et américaine c’est pour dire ! Mais aussi avec le ballet des vents solaires et ses aurores boréales et la part de romantisme qui les accompagne…. Avec Jól, elle nous convie à voir la beauté du monde, mais aussi celle du cœur et surtout, croire à l’impossible. À cette magie qui réchauffe les âmes en peine guidées par des lutins ou des elfes, qu’importe, du moment où l’envoûtement opère. Et moi ? J’adore ça ! Car, si on est souvent guidé par les légendes, à aucun moment le rationnel ne fera défaut.

Mais Jól n’est pas un simple conte de fée ou une romance de noël dans laquelle tout est beau et sauvage. Isabelle Fourié va aller puiser dans les blessures de nos héros et nous offrir beaucoup d’émotions. Au travers de cette belle histoire, les messages se succèdent. L’auteure abordera le deuil, la maltraitance, le harcèlement et bien d’autres thèmes encore comme la culpabilité et tout ce qui l’accompagne, et le tout, avec une belle pudeur, par parcimonie et subtilité, tout en gardant le côté féérique du moment. Nos deux héros portent leurs blessures, et leurs traumatismes bien ancrés dans leur personnalité les rendant différents de ce qu’ils sont vraiment. Téméraire, mais craintive, la dualité de Jules renvoie à Lauritiz en pleine face sa propre dualité à lui. Le combat qu’il mène entre le vrai Lauritz, le nouveau, l’ancien, et celui qu’il essaye d’être, mais qui n’est pas vraiment lui. Notre viking est bien loin d’être le connard qu’il souhaite être en apparence, jouant un rôle qui n’est pas le sien, mais dans lequel il se perd un peu plus chaque jour. Tout comme Jules… Bien loin de la fille capricieuse, autoritaire et vexante, elle est tout simplement exquise et ne s’en rend même pas compte… Son manque de confiance en elle, l’empêche de s’ouvrir aux autres, ne se sentant jamais assez légitime, jamais assez à la hauteur, jamais assez de tout. De défi en défi, ils vont apprendre à se découvrir, mais aussi à s’ouvrir laissant au passé ce qu’appartient au passé tout en y puisant l’énergie nécessaire pour avancer.

La plume d’Isabelle fourié a énormément gagné en maturité avec ce roman. Pas qu’elle en manquait beaucoup, mais j’avais toujours un petit bémol, malgré mes coups de cœur pour ses romans, sur la fluidité et la construction. Avec Jól, je n’ai absolument rien à redire. J’ai été embarquée d’un bout a l’autre dans le rire, l’émotion, les larmes qui se sont invités, l’esprit de famille et l’hospitalité chaleureuse qui dégage de ce roman. Embarquée par les légendes, les paysages et le côté scientifique aussi qui était vraiment intéressant et qui se mariait à la perfection avec l’univers du récit. Je me suis émerveillée de cette lecture. J’ai appris beaucoup et j’ai tout simplement été conquise.

Jól, une romance addictive, fluide, avec des personnages accrocheurs, variés et dotés de caractères haut en couleurs auxquels vous ne pourrez que succomber !

Stórar þakkir fyrir þessa fallegu upplestur og ég óska ​​ykkur öllum yndislegra jóla.

Stór þakkir til Black Ink Éditions pour m’avoir permis de découvrir cette sublime romance de saison en service presse.

Extrait :

L’avantage d’être un barbu… l’exotisme. Je représente le Viking. Il faut dire que la série éponyme nous a été pas mal utile. Les hommes grands et un peu sauvages ont sacrément la cote auprès des midinettes.Seul, le regard rivé sur la lande balayée par le vent et la bruine, je me marre. Elles deviennent carrément hystériques dès qu’elles voient mes tatouages tribaux, ceux qui ornent mon biceps gauche et descendent le long de mon flanc du même côté.Les plus délurées sont les Américaines. Les Italiennes sont accueillantes comme un plat de pâtes. Les Asiatiques désireuses de tout apprendre. Par contre, les Françaises sont de vraies emmerdeuses, douées au lit, mais chiantes comme la pluie. Finalement, exception faite de ma mère et d’Arína, toutes les femmes sont des pisseuses. Les chouineuses se plaignent de la neige, du beau temps, de la boue, du froid et ne pensent qu’à leur prochain sac à main ou à la bonne longueur pour une robe.Tout ce que je souhaite, c’est qu’elles la bouclent, qu’elles se foutent à poil et qu’elles repartent le lendemain sans faire d’histoires. En réalité… je m’en fous qu’elles simulent tant que je prends mon pied.Par contre, je respecte plusieurs règles auxquelles je ne déroge jamais. Elles sont toutes consentantes, ni bourrées ni droguées. De plus, je ne baise que des étrangères de passage. Les Islandaises, c’est différent. Je connais forcément leur père, leur frère ou leur cousin ; je tiens à mes couilles. Ici, on ne plaisante pas avec la famille. Si certains sont adeptes de l’échangisme, ils se surveillent l’un l’autre malgré tout.Tout en frottant mes bottes sur le paillasson, un rictus carnassier étire mes lèvres tandis que je rejoins la chaleur accueillante de ma demeure. Nous sommes jeudi, je resterai donc ici. Si j’essaye de rester raisonnable en semaine, les week-ends existent uniquement pour festoyer.Tant pis pour la promenade avec les deux Américains, ils chasseront les aurores boréales un autre jour. Avant de partir, je jette un dernier coup d’œil à mon application météorologique. Une fenêtre d’éclaircies devrait se dégager entre une et deux heures du matin.Parfait.Changement de programme.Les Yankees ne reverront pas la couleur de leurs dollars. En définitive, l’excursion se fera, j’envoie la confirmation de la sortie de cette nuit à l’agence, puis quitte le pas de ma porte. Il est temps de revêtir mon costume de guide. À savoir, une bonne paire de chaussures chaudes, une doudoune sans manches sur un blouson contre le vent et la pluie. Il va falloir rester dehors plusieurs heures : autant se prémunir contre le froid.Satisfait que la météo ait changé, permettant ainsi à mon escapade d’avoir lieu, j’étire mes bras au-dessus de ma tête. Cette rentrée d’argent tombe à pic, elle est bien plus importante qu’un petit cul bien roulé. Simultanément, mon téléphone m’indique que d’autres guides ont aussi eu l’info. Ils me tiennent au courant des avancées nuageuses dès qu’ils en savent plus. Voilà pourquoi j’aime tant vivre en Islande, nous sommes solidaires et la concurrence est saine.Ce pays est rude tant par son climat que par la nature même de ses terres. Les vents souvent violents, la pluie glacée, la longue période hivernale : toutes les conditions mènent à l’érosion de sols où il est déjà difficile de faire pousser quelque chose.Cependant, les défauts de cette île sont aussi ses atouts majeurs. Les énergies renouvelables représentent plus de quatre-vingt-cinq pour cent de nos ressources et sont disponibles à très bas coût pour la population. Je suis bien placé pour en parler puisque je me sers de la géothermie pour alimenter mes serres ainsi que tout mon système de chauffage. Mon café ne serait pas à température idéale, à l’instant même, sans la nature particulière des sols volcaniques. Je respecte peu de choses, mais ma famille et mes terres passeront toujours avant tout.

2 : JÓL J-14 : JÓLASVEINAR

Les Islandais ont la chance d’avoir treize « pères Noël », les Jólasveinar ou Yuletide Lads. Il s’agit de lutins farceurs, descendants de trolls, qui vivent dans la montagne bleue Bláfjöll près de Reykjavik.Enfants de l’ogresse Grýla et de Leppalúði. Lui se repose pendant qu’elle pourchasse sur la lande les enfants méchants qu’ils mangeront ensuite. Leur animal de compagnie n’est autre qu’un chat : Jólaköttur.

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