L’avis de Carine sur Abject, un roman de Morgane Rugraff chez Black Ink Editions

▀▄▀▄▀▄▒T░i░t░r░e▒▄▀▄▀▄▀

Abject

Auteur : Morgane Rugraff

Genre : Romance

Editions : Black Ink

Ebook : 4.99€

Broché : 18.00 €

Audio : 9.95 € avec l’abonnement Audible

Résumé :

« On ne naît pas Connard, on le devient. »

Malgré les années, Enzo Montalbano ne s’est jamais remis de la trahison de son amour de fac. Pour combler ses blessures et protéger ses failles, il a blindé son cœur et son mental derrière une haine sans borne pour les femmes.

Trois règles :

1 : Pas d’attaches.

2 : Pas de sentiments.

3 : Pas de deuxième nuit.

3 bis : Ne jamais déroger aux règles 1, 2, et 3.

3 bis bis : Même si ça concerne cette comète aux cheveux bleus et son foutu défi !

Vices

Noirceur

Démons intérieurs

Gardez toujours à l’esprit que le Connard est un être solitaire, déterminé et impitoyable.

Mais peut-être plus fragile qu’il n’y paraît…

▰▰▰▰▰Mon avis : ▰▰▰▰▰

Quelle joie de retrouver les frères Montalbano ! Après ma lecture de Double Je, j’avais hâte de savoir à quelle sauce Enzo allait nous manger et je peux vous assurer que c’était bien épicé, chaud, avec un arrière-goût de trop salé, à nous faire faire la grimace sur ses frasques, puis doux et sucré, avant de rajouter une bonne dose de piment.

Il est clair qu’on ne nait pas connard ! Et une fois le titre en poche, pour le rester, c’est tout un art ! Mais lorsqu’on voue une haine féroce envers les femmes et qu’on est un sérial baiseur, c’est si facile…

Déjà, il faut des règles. Enzo Montalbano ne couche jamais deux nuits avec la même fille, même si elle pourrait le transporter sur la lune. Il ne laisse personne l’atteindre. Un peu cliché ? Il pourrait vous dire que vous avez sûrement raison, mais qu’il s’en tape en fait de ce que vous pouvez penser. Aucun sentiment. Il prend, il baise, il jette. Et s’il a des remords, ils ne durent jamais bien longtemps. Au petit matin, il pensera déjà à la prochaine. Hors de question de s’attacher à nouveau et se retrouver encore plus brisé qu’il ne l’est. Pourtant, les années ont passé depuis que son amour de Fac l’a trahi et malgré tout, son cœur est toujours aussi meurtri. D’autant plus, depuis que son frère file le parfait amour avec Lux, la seule fille qui avait trouvé de l’importance à ses yeux depuis Théa. Ce jour-là, il a tout perdu, jusqu’à sa dignité.

Enzo se retrouve seul. Vraiment seul. Il avance comme il le peut avec ses ombres, ses démons et ses vices qui sont devenus ses compagnons de route. Il peut être entouré et être invité à toutes les fêtes, c’est le vide autour de lui. Comme dans son cœur… Comme dans son âme… Comme dans le reflet de ses yeux… Il sombre jour après jour dans une déchéance sans nom…

Bienvenue dans l’enfer d’Enzo Montalbano ! Ou, il était une fois, l’histoire d’un connard de Prince Charmant Abject et d’une Cendrillon tout aussi impitoyable qui pourrait bien lui faire voir les étoiles ! Une rencontre cosmique et explosive d’où naitra un défi. Qui craquera le premier ? Enzo est très fort, mais il se pourrait bien qu’il ait trouvé une partenaire qui comme lui, n’a pas froid aux yeux. Pourrait-elle être sa rédemption ? Cette lumière qui le guidera à travers les ombres dans sa descente aux enfers…

À chaque page que l’on tourne, on se délecte de tout. Les joutes verbales de nos héros, leurs émotions, leurs doutes, chaque remise en question ou encore, chaque peur si profonde qu’elle va nous fendre le cœur. Cette douleur qui émane d’Enzo est vraiment palpable et on s’attache tellement vite à lui malgré la haine qu’il peut aussi insuffler, que tout en est décuplé. Derrière toute cette arrogance, derrière cette carapace, derrière ses failles se cache un homme si fragile et si fort à la fois. Chaque moment intense est détaillé avec profondeur et écrit tout en subtilité, ce que nous pousse encore plus loin dans les émotions. L’auteure nous aspire dans son récit et refuse de nous relâcher. Elle nous fait sombrer, croire, espérer puis sombrer à nouveau. C’est tellement difficile de voir Enzo souffrir à ce point et attendre une aide qui ne vient pas. Tellement difficile de voir que son bonheur est à porté de main. Qu’il lui suffit de lâcher prise et avoir confiance. Que toutes les femmes ne sont pas faites du même moule et lorsque le moule se rapproche au plus prêt du sien … Ils ne devraient pouvoir que se comprendre, non ?

Une magnifique lecture aussi forte et profonde que pleine de vie et d’humour. J’ai ris, j’ai été émue, j’ai pleuré aussi… Morgane Rugraff nous offre des personnages caméléon ! On les aime, on les déteste pour les aimer deux pages plus tard et les détester la page suivante. J’avais l’impression d’être Bipolaire lors de ma lecture. Si, si je vous assure. Déjà, rien que de vouloir lire l’histoire d’Enzo après l’avoir connu dans « Double Je » prouve ma folie ! Et mon Dieu, comme je ne le regrette pas ! Des personnages caméléons aussi dans leur façon d’exister. Aucun des deux ne montrent au monde qui ils sont vraiment et se cachent derrière un masque, ou des apparences. Des personnages complexes et profonds qui vont nous emporter d’un bout à l’autre de leur histoire.

Avec Abject, Morgane Rugraff nous fait passer un beau message. Soyez qui vous êtes et faites table rase du passé, même si cela vous parait impossible. Car c’est de cette manière que l’on puise le meilleur de nous-même. De cette manière que l’on peut atteindre nos rêves et un avenir meilleur. Qu’importe le nombre de chutes, l’important s’est de se relever… À chaque fois. D’avancer et de laisser son cœur se faire attraper. Et surtout, qu’importe qui vous êtes, comme vous êtes, soyez la meilleure version de vous-même…

Un grand merci à Black Ink Editions pour m’avoir permis de lire cette histoire en service presse numérique.

▰▰▰▰▰ Extrait : ▰▰▰▰▰

Une fois, j’ai essayé de penser aux gens à qui ça pourrait faire de la peine si je disparaissais… Mais aucun nom ne m’est venu. Mon esprit est resté vide à ce moment-là, seulement habité par la merde que je m’injecte. En fait, y a rien d’autre que le vide. Y a rien parce que je ne manque à personne. Parce que personne n’est assez fou pour se soucier de moi, pour se lever le matin en se demandant comment je vais, ou pour se coucher le soir avec l’envie de me voir le lendemain… Parce que je suis un foutu connard.

Je pourrais disparaître totalement que les autres ne s’en rendraient même pas compte, tellement mon existence est futile, pourrie, rongée jusqu’à la moelle.

D’abord j’ai eu mal. Une putain de douleur sourde qui me vrillait l’esprit H24, qui martelait ma conscience en continu jusqu’à me faire chialer. Minable. J’ai tenté de lutter, longtemps. Pendant des mois, je n’ai plus été que l’ombre de moi-même, avec cette putain d’impression que partout où je mettais les pieds, « Matt »était gravé sur mon front. Et puis, j’ai succombé… D’abord juste une fois, juste pour essayer. Je suis redevenu Enzo. Seulement quelques heures, puis, nuit après nuit. Et bordel, qu’est-ce que c’était bon ! Je suis une autre version de moi-même. Pas la meilleure, c’est certain, mais je n’ai aucune prétention à ce niveau-là.

Je suis redevenu moi. Enzo Montalbano. Un putain de connard, un serial baiseur sans regrets, sans attaches, sans sentiments, sans aucun remords, et je l’assume à deux mille pour cent ! On ne vit qu’une fois, mais si on jouit pleinement de chaque minute, c’est assez ! 

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s