L’avis de Carine sur le roman de Cécilia Armand chez Black Ink Editions : Stolen Life

Titre : Stolen Life — 

Auteur : Cécila Armand

Genre : Romance MM

Editions : Black Ink

Ebook : 5.99 €

Broché : 18 €

Résumé :

Deux opposés en apparence peuvent-ils se compléter ?

Quand il emménage avec son père chez sa nouvelle compagne, Sariel est à bout de souffle. Dissimuler un passé torturé et rempli de secrets le rapproche sans cesse de l’explosion.
Lorsque son regard croise celui de Elliott, son demi-frère, il sent au fond de lui que cette rencontre ne va pas le laisser indemne.
Elliott mène une vie paisible, mais les yeux trop gris de Sari fracassent sa plénitude, jusqu’à le bouleverser. Son attirance pour lui est instantanée. Sariel l’intrigue, éveillant en lui des sentiments extrêmes. Une relation toxique naît entre les deux garçons, car, si l’un est l’ombre, l’autre est la lumière.

Ensemble, ils repousseront leurs limites. Ensemble, ils apprendront les sacrifices.

Et si amour et colère se mêlaient pour laisser place à la vérité ?

Mon avis :

Stolen Life… Un roman riche en émotions qui nous percutent d’un bout à l’autre de notre lecture, nous laissant en apnée entre l’ombre et la lumière.

Cécilia Armand ne fait pas dans la dentelle, elle nous l’avait déjà prouvé avec son dernier roman qui m’avait remué les tripes jusqu’à me les perforer. Mais que dire de Stolen Life… Si le début de ma lecture a été un peu gênée par une plume très, et pour moi trop poétique, je me suis vite laissée prendre dans le tourbillon de sentiments et d’émotions que cette dernière met en lumière au milieu de tant d’ombre. Des émotions que l’on ressent comme à vif, comme une violence et qui nous mettent à fleur de peau tout comme nos héros. Il y a autant de douceur que de colère en eux, une résilience aussi, de l’espoir, des doutes et cette peur de tout perdre qui fera qu’ils vont se déchirer autant qu’ils vont s’aimer. On s’attache tout de suite, priant à chaque page pour que leurs destins ne soient pas trop cruels, captivé par ces deux jeunes garçons dont la romance est délicate, forte, pleine de rage et ingénieusement menée jusqu’à ce qu’on sache, s’en prennant plein la tête et le cœur. Deux protagonistes esquissés à grands traits de passion, qui vibre dans chacun de leurs échanges, chacune de leurs réparties, tout comme dans chacun de leur silence… Touchants, empreints de toutes leurs blessures, ils vont s’aimer autant que se détruire. La lumière d’Elliot va s’éteindre peu à peu tout en partageant chaque halo qu’il peut pour sauver Sari, perdu dans les abysses d’un passé trop douloureux, trop présent, trop tout… Un passé qui l’a détruit il y a des années et qui fait qu’il ne peut que se détruire lui-même chaque jour un peu plus. Le bonheur ? Aucune chance de le retrouver. Sourire ? Il l’en a pas le droit ? L’attente… dans la déchéance pour oublier que l’heure approche. L’heure où tout basculera. L’heure où la décision de vivre ou de mourir pourra lui apporter la paix… Si tout était tracé pour Sariel, sa rencontre avec Elliot pourrait tout changer. L’amour peut éclore là où on l’attend le moins. Cela est beau, magnifique, une belle éclosion de sentiments nouveaux qui sont bons de vivre. Le soleil a rencontré la face cachée de la lune et il est prêt, et assez patient pour en découvrir chacun de ses secrets.

Apprivoise-moi ! – Que faut-il faire ? Dit le petit prince. – Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t’assoiras d’abord un peu loin de moi, comme ça, dans l’herbe. Je te regarderai du coin de l’œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus.

Elliot va apprendre tout doucement à Sari à voir l’essentiel, à voir avec son cœur…

« Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. »

L’auteure réussit avec brio à tenir le lecteur en haleine dans une atmosphère assez particulière. Aucune pose n’est possible, on veut trop savoir. Si les doutes s’installent et les suspicions se confirment, lorsque tout se dévoile, c’est la grosse claque. Le cœur qui palpite, le ventre qui se tord et cette peur toujours présente de cette fin que l’on appréhende prend le dessus sur les papillons qui s’envolent et nous remuent les entrailles. Et que dire de cette superposition de l’histoire avec celle du Petit Prince de Saint Exupéry… Tellement bien pensé ainsi que parfaitement mise en situation pour que tout s’imbrique parfaitement pour arriver à une même philosophie de vie. Jusqu’à la musique qui tient une place très importante et apporte avec elle son flot d’émotions. Si Antoine de Saint Exupéry avait Mozart comme belle promesse de la vie, Cécilia Armand nous offre et offre à Elliot un être unique… Sariel à l’ardente beauté auprès de laquelle on ne peut que se brûler…

Stolen Life, porte bien son titre, Une vie volée, peut-elle se retrouver ? Je vous invite à découvrir à votre tour cette magnifique et douloureuse romance dans la laquelle on vibre pour chacun des personnages. Les principaux, tout comme les secondaires qui sont loin de nous laisser indifférent.

Un grand merci une fois de plus à Black Ink Editions pour leur confiance en me faisant découvrir autant de belles lecture.

Extrait :

Au bord de la falaise, les cheveux balayés par le vent, ma lettre à la main, je rejette la tête en arrière afin de respirer l’alizé. L’océan est agité, mais moi, je suis serein, sachant désormais ce que je dois faire. Il m’a fallu presque quatre ans pour en arriver là.

Des tonnes de larmes et de regrets se succèdent et s’amoncellent derrière moi. Je regarde l’infini, c’est fabuleux toute cette étendue d’eau bleutée. J’ai envie de voler, de saisir cette liberté qui me tend la main, pour ne plus jamais ressentir ce tas d’inepties.

Mon cœur se presse et se décompresse dans ma cage thoracique qui menace d’exploser. Mes yeux me brûlent lorsque l’incandescence de mes tourments s’échappe sur mes joues et roule jusqu’à mon cou. Des vagues opalines et turquoise s’étendent à perte de vue. Tout me rappelle à lui, du sol que je foule aux embruns qui s’enroulent autour de moi. Je songe à tous ceux que j’ai perdus dans le sang et les larmes. Un tremblement me fait vaciller, j’ai le vertige tout à coup. Je devrais respirer, mais je n’y arrive plus. Mon passé est une montagne de cruauté, une rivière de corps décharnés.

Je m’approche un peu plus du précipice, mon Dieu, que c’est haut ! Le monde donne l’impression de se prosterner devant moi et je pourrais toucher le ciel, en levant les bras. Toutes les merveilles de la terre et d’ailleurs sont réunies pour cette occasion. C’est parfait pour une âme vagabonde telle que la mienne : celle d’un garçon solitaire aux yeux clairs. C’est une belle journée pour en finir, un dernier saut dans le vide de mon existence pour conclure une vie douloureuse. Un repos bien mérité pour un soldat qui a perdu toute son armée.

Ma voix tremble et se casse lorsque j’entreprends mon récit. Mon timbre est grave, semblable à un disque rayé avant même d’avoir été écouté. L’effluve des profondeurs marines est divin, il contraste de manière saisissante avec mon souffle froid. Je respire comme je ne l’ai pas fait depuis longtemps. Le soleil caresse doucement ma peau, dans un mouvement presque identique à celui de ses mains me rappelant les souvenirs apaisants.

Tu me manques tellement.

Je me demande un instant où sont le brouillard et la pluie. Où est passé le cortège funèbre qui m’accompagne depuis des années ?

C’est un signe : de l’agonie dans l’infini, un mélange savant de souffrance et d’accompli.

Je contemple mes derniers mots, ceux que j’ai rédigés avec le sang de mes poignets. Ce sont les témoins de mon histoire, la preuve ultime que nous nous sommes aimés.

« Elle court, elle court la mélancolie du cœur

La blessure à l’âme, elle rampe la fureur,

Au final, elle ne m’a jamais quitté,

Me cajolant comme un enfant abandonné.

Je suis faible désormais, car tu n’es plus là pour m’adorer.

Il ne reste que les miettes de notre histoire envolée

Et des chrysanthèmes brûlés.

Je suis en train de craquer, de me déchirer comme du papier froissé… »

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